Remèdes Covid-19: L’ANSM met en garde contre l’Artemisia annua

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17 mai 2020 – En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) met en garde contre les produits présentés sur Internet comme des solutions au Covid-19, dont l’Artemisia annua. L’ANSM met en garde toute personne souhaitant acheter des produits vendus sur Internet présentés comme pouvant guérir ou prévenir l’infection à Covid-19.

Covid-Organics

L’ANSM a par exemple constaté des messages portant sur l’Artemisia annua et ses supposées vertus thérapeutiques. Au-delà d’un risque d’inefficacité, le recours à ce type de produits en automédication peut présenter un danger pour la santé des individus. L’ANSM  rappels que la mise en vente de produits de santé sur Internet est strictement réglementée. Seul le circuit des pharmacies d’officine et de leurs sites Internet autorisés pour la vente en ligne de médicaments, régulièrement contrôlés par les autorités sanitaires, apportent des garanties sur les médicaments achetés. La qualité et la sécurité des médicaments achetés sur un site non autorisé ne sont pas garanties, des médicaments falsifiés (faux médicaments, ou faussement étiquetés) ou contrefaits peuvent y être proposés. Ces produits sont présents en grand nombre sur Internet. en effet, il ne faut jamais acheter de produits à visée thérapeutique sur des sites non autorisés, au risque de mettre en danger sa santé: les sites autorisés pour la vente en ligne de médicaments sont disponibles sur le site du Conseil de l’Ordre National des Pharmaciens (CONP).

Cette mise en garde concerne entre autres les produits à base de plantes, notamment la plante Artemisia annua ou Armoise annuelle, qui est présentée comme une solution thérapeutique ou préventive de l’infection, sous forme de plante sèche, décoction, tisane ou gélules. Ces allégations sont fausses et dangereuses: elles pourraient retarder une prise en charge médicale nécessaire en cas d’infection confirmée. En effet, les produits à base d’Artemisia annua n’ont jusqu’alors pas fait la preuve de quelconques vertus thérapeutiques. L’ANSM rappels que cette plante a auparavant fait l’objet du même type de message sur de prétendues vertus thérapeutiques contre le paludisme. Là encore, la preuve de son efficacité n’a pas été démontrée et des personnes en ayant pris ont développé des formes graves de paludisme lors d’un séjour à l’étranger. L’ANSM a dans ce cadre interdit à plusieurs opérateurs de commercialiser des produits contenant de l’Artemisia annua en 2015 et 2017.

Le court extrait suivant d’un article de lepoint.fr montre comment des espoirs justifiés ou faux pour un remède peuvent conduire à des insécurités profondes, non seulement pour les patients, mais aussi au niveau politique. Donc, ces derniers jours, un drôle de ballet a eu lieu entre Madagascar et plusieurs pays africains. À la demande du chef de l’État, Andry Rajoelina, transformé en VRP, les autorités ont livré dans près d’une dizaine de pays leur remède à base d’artemisia, cette plante à l’effet thérapeutique reconnu contre le paludisme, en affirmant qu’elle prévenait, voire soignait le Covid-19. Après les alertes de l’OMS et d’autres institutions, la Grande Île a tenu à faire le point alors qu’elle a lancé il y a plusieurs semaines des essais cliniques en bonne et due forme. Et s’il ne fallait retenir qu’une seule information, c’est que la tisane n’a pas encore obtenu d’autorisation de mise sur le marché malgache. En cause, le secret qui entoure sa composition. En effet, le Covid-Organics serait composé à 62 % d’Artemisia et d’autres plantes médicinales qui poussent à Madagascar, mais l’Institut malgache de recherches appliquées (l’IMRA) n’en dira pas plus. Derrière ce mystère, une volonté des scientifiques malgaches de faire breveter leur décoction avant de rendre publics les produits et donc de pouvoir la vendre à l’étranger.

Le Pr Rafatro Herintsoa, un des trois scientifiques autorisés par l’État malgache à s’exprimer sur la question, a fait savoir que le Covid-Organics n’avait pas obtenu le feu vert de l’administration en charge du contrôle des médicaments. Cette autorisation n’est pas encore obtenue, a déclaré le Pr Herintsoa lors d’une émission de télévision. L’entité qui est propriétaire du brevet sur ce remède n’a pas encore accepté de dévoiler les deux autres plantes qui le composent. Cependant, l’État a délivré une autorisation temporaire de mise en vente à Madagascar, a ajouté le directeur de l’IMRA. Baptisée Covid-Organics, cette tisane a été largement vendue dans le pays. Plusieurs pays, dont la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale, le Niger ou la Tanzanie en ont également pris livraison, malgré l’absence de certification officielle. Les envois de Covid-Organics dans les pays africains sont faits à titre de don, s’est défendu à la télévision la ministre de la Communication, Lalatiana Rakotondrazafy.

Retour à l’ANSM: La communication ci-dessus ne dit pas explicitement ce que l’ANSM pense de Covid-Organics. En revanche, il est clair que Covid-Organics n’est pas homologué en France et ne pourra y parvenir qu’après des essais cliniques réussis.

A voir une petite séquence sur l’illusion ou le remède miracle. Le président malgache Andry Rajoelina répond aux questions concernant Covid-Organics:

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Joseph Gut - thasso Professeur de pharmacologie et de toxicologie. Expert en médecine théragenomique et personnalisé el le sécurité individualisé des médicaments. Expert dans pharmaco- et toxico-génétique. Expert en matière de sécurité humaine de médicaments, les produits chimiques, les polluants environnementaux, et des ingrédients alimentaires.

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