Le spray nasal de naloxone (Nalscue)

14 janvier 2017 – L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a octroyé le 5 novembre 2015 une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) pour la spécialité Nalscue (naloxone 0,9 mg/0,1 ml en spray nasal).

Dans le cadre de son autorisation temporaire d’utilisation (ATU), Nalscue peut dorénavant être dispensé dans un centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) quel que soit son mode de gestion, ainsi que par des centres et structures disposant d’équipes mobiles de soins aux personnes en situation de précarité ou d’exclusion gérés par des organismes à but non lucratif. Le Protocole d’utilisation thérapeutique et de recueil d’informations (PUT) et la Fiche pratique sont actualisés en conséquence.
Ce médicament est indiqué chez l’adulte et l’enfant dans le traitement d’urgence des surdosages aux opioïdes (vois ci dessous), connus ou suspectés, se manifestant par une dépression respiratoire et dans l’attente d’une prise en charge par une structure d’urgence.
L’ANSM rappelle qu’une formation à son utilisation est un prérequis indispensable avant sa délivrance et qu’il ne se substitue pas aux soins d’urgence dispensés par une structure médicale. Par conséquent, les secours (15 ou 112) doivent être appelés immédiatement et systématiquement.
Pourquoi ca? La consommation de ces antalgiques a explosé dans les années 2000, dopant les revenus de certains laboratoires. Responsables de nombreux décès, ils sont devenus un problème de santé publique. Les décès de stars comme Prince ou Michael Jackson ont mis en lumière ce qui s’apparente à une véritable épidémie aux Etats-Unis : les « opioïdes », ces puissants antidouleurs à base d’opiacés, qui sont devenus presque aussi courants que l’aspirine outre-Atlantique. Initialement destinés aux patients souffrant de douleurs sévères comme ceux atteints de cancer, ces antalgiques ont été prescrits de façon si extensive par les médecins américains depuis le début des années 2000 qu’ils figuraient sur plus de 250 millions d’ordonnances en 2013.
Poussés par les laboratoires, ces analgésiques à base de méthadone, d’oxycodone ou d’hydrocodone ont rapidement généré des problèmes de dépendance, affectant toutes les catégories de population. « C’est une véritable épidémie, très largement imputable à des prescriptions excessives », a admis le directeur du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), Tom Frieden, en mars dernier.
Des consommateurs devenus accros: Le centre estime que plus de la moitié des décès liés à la consommation d’opiacés – héroïne incluse – est désormais imputable à ces antalgiques. Et leur nombre a quadruplé depuis 2000 pour atteindre plus de 165.000 cas. La surconsommation de ces antalgiques a en outre poussé nombre de patients devenus dépendants à se tourner vers des produits de synthèse vendus par des dealers, comme le fentanyl, 50 fois plus puissant que l’héroïne, faute de pouvoir se procurer des médicaments. La belle croissance de ces traitements controversés a fait la fortune de quelques laboratoires, qui ont collectivement généré l’an dernier près de 10 milliards de dollars de revenus aux Etats-Unis, contre moins de la moitié en 2000, et dix fois moins au début des années 1990, selon les données du cabinet IMS Health.
Intervention de l’administration: Mais les mesures prises par l’administration américaine pour encadrer la prescription de l’un des antidouleurs les plus courants (l’hydrocodone) en 2014, puis la publication, en mars dernier, de recommandations incitant les médecins à prescrire en premier lieu du paracétamol ou de l’ibuprofène ont contribué à une prise de conscience.
Certaines études montrent que les ventes ont commencé à reculer après avoir atteint un pic en 2012. L’impact sur les plus grands laboratoires comme Pfizer ou AbbVie, pour lesquels ces médicaments constituent une source de revenus modestes, devrait rester limité, mais il est devenu une source d’inquiétude pour les acteurs plus petits, comme Depomed ou Purdue Pharma. Coté, le premier tire en effet les deux tiers de ses revenus du Nucynta, un antidouleur à base d’opiacés racheté à Johnson & Johnson en 2015 pour 1 milliard de dollars. Il a dû revoir ses prévisions à la baisse après la publication des recommandations de l’administration en mars.
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Professeur de pharmacologie et de toxicologie. Expert en médecine théragenomique et personnalisé el le sécurité individualisé des médicaments. Expert dans pharmaco- et toxico-génétique. Expert en matière de sécurité humaine de médicaments, les produits chimiques, les polluants environnementaux, et des ingrédients alimentaires.

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